UN VOYAGE DANS MES LIVRES

SOLJENITSYNE Alexandre - "Le pavillon des cancéreux"

Ce livre « Le pavillon des cancéreux » a été inspiré en partie de la propre expérience de l’écrivain.

 

Il fut lui-même atteint du cancer une première fois en 1952 et une seconde fois en 1954. Une maladie dont il sortit guéri.





Après de brillantes études de mathématiques et de littérature, il avait adhéré à l’idéologie du régime communiste.

 

Puis, il avait suivi une formation d’officier d’artillerie à partir de 1942 lorsque débuta la guerre contre l’Allemagne.

 

Sa conduite exemplaire pendant la guerre ne lui épargnera pas d’être condamné pour activité contre-révolutionnaire.

 

En effet, dans une lettre privée, il émettra en 1945 des doutes sur la stratégie politique de Staline. Ce qui lui vaudra d’être envoyé dans un camp de travail pénitentiaire pendant 8 ans.

 

Libéré en 1953, il sera placé en relégation dans un village du Kazakhstan. Réhabilité par la Cour suprême, il ne rentrera en Russie qu’en 1959.

 

Sous Nikita Khrouchtchev, il publiera un premier roman en 1962 : « Une journée d’Ivan Denissovitch » afin de signaler l’existence des camps.

 

Ce n’est qu’en 1963 que débutera la rédaction de son roman « Le pavillon des cancéreux. Cet ouvrage écrit en deux fois sera refusé par plusieurs maisons d’édition soviétiques alors que quelques exemplaires circulent déjà clandestinement. La deuxième partie sera achevée en 1967. Une version russe paraîtra en Italie en 1968 et des traductions non autorisées par l’auteur surgiront en Grande-Bretagne. Mais “Le pavillon des cancéreux” sera formellement interdit en URSS.

 

Cet auteur fut considéré comme un des plus célèbres dissidents du régime soviétique durant les années 1970 et 1980.

 

Sous Brejnev, la police se saisira de certains de ses manuscrits. Alexandre SOLJENITSYNE parviendra à faire publier quelques ouvrages à l’étranger ce qui lui vaudra d’obtenir le prix Nobel de littérature en 1970.

 

D’autres livres majeurs suivront notamment sur le système concentrationnaire en URSS. Il sera arrêté, expulsé et déchu de la citoyenneté russe.

 

Il vivra en Europe de l’Ouest.

Puis aux États-Unis pendant une vingtaine d’années. Ce qui ne le privera pas de prononcer un célèbre discours à Harvard où il dénoncera l’effondrement des valeurs morales, l’industrialisation à outrance, la boulimie d'achats dans les sociétés occidentales.

 

Il rentrera en Russie en 1994, réhabilité sous le régime de Mikhaïl Gorbatchev.



 

En 2007, il recevra des mains de Vladimir Poutine le prix d’État russe avant de se retirer du monde.

 

Fondée sur l’expérience du totalitarisme, son œuvre met le doigt sur les falsifications de l’Histoire en utilisant des êtres humains pour démontrer ce point de vue.

 

 

 

 

 

 

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Résumé :

 

Le récit se déroule en 1955 sur plusieurs semaines dans une grande ville d’Ouzbékistan,  dans le quotidien d’un service de cancérologie et quelques mois après la mort de Staline.

 

Dans ce récit, nous croiserons ceux qui joueront un rôle important auprès des malades comme l’infirmière Zoé, les docteurs Véra Gangart, et Lioudmila Dontsova qui sera à son tour atteinte par ce cancer qu’elle étudie.

 

Parmi les malades, il y a un certain Paul Roussanov, ancien ouvrier devenu haut fonctionnaire du parti, qui n’est pas satisfait de devoir partager son quotidien avec des personnes de “moindre valeur”.


Mais aussi Oleg kostoglotov surnommé “grande gueule” par Roussanov. Ancien prisonnier du Goulag, Oleg Kostoglotov a été maintenu en relégation en Asie Centrale pendant des années. Il est arrivé mourant dans ce centre de cancérologie. Il reprend goût à la vie grâce aux séances de rayons et à l’attirance qu’il éprouvera pour l’infirmière Zoé et le Docteur Véra. Cependant, il se heurte au pouvoir médical, car il ne veut pas être traité avec de l’hormonothérapie qui risque de le rendre impuissant. Sa contestation est pour lui une façon d’exister.

 

Paul Roussanov et Oleg Kostoglotov s’opposeront avec violence sans arrêt en lisant le journal “la Pravda’ où ils comprendront que la déstabilisation est en marche. 

"Pour information, ce terme "déstalinisation" désigne la politique menée en URSS et dans les démocraties populaires, pour supprimer toutes les caractéristiques autoritaires du régime tyrannique mis en place par Joseph Staline."

 

Une malchance pour Roussanov qui apprend par son épouse qu’un homme qu’il avait dénoncé en 1937 est revenu vivant dans sa ville d’origine.

 

Une chance pour Kostoglotov qui voit l’éventualité que son statut de paria se modifie favorablement pour lui.

 

D’autres personnages se rencontreront, s’affronteront, se respecteront dans ce récit comme le jeune Vadim Zatsyrko, géologue, qui voudrait poursuivre son travail afin de laisser une trace derrière lui ou Éphrem Poddouïev, un égoïste, et qui s’interroge sur le sens de la vie quelques jours avant de mourir, etc.

 

Dans ce roman, l’auteur décrira les caractères, le physique de ces gens qui soignent ces cancéreux dans des conditions épouvantables. Mais aussi de ces malades contraints de subir les soins imposés par les médecins dans le quotidien d’un service de cancérologie et de devoir les accepter sans toujours les comprendre.

 

Confrontés à la maladie, à la souffrance, à la mort, ils se poseront TOUS de nombreuses questions sur le sens de la vie.

Dans ce roman, tous ces individus débattront de ces sujets avec violence et parfois avec humour, influencés par leur passé, leur position, leur sexe, leurs opinions politiques.

 

 

 

 

 

Une œuvre qui nous ramène à notre condition humaine avec son lot de petitesse, de dignité, de bonté, d’impuissance, d’humour, de colère, de souffrances, etc.

 

C’est un livre de presque 800 pages qui ne s’avale pas comme un bonbon. La lenteur et la réflexion s’imposent.

Beaucoup seront rebutés et c’est regrettable !

 

 

Ceux qui connaissent les écrivains russes :

 

Léon Tolstoï, Fiodor Dostoïevski, Nicolas Gogol, Vladimir Nabokov, Yvan Tourgueniev,  Nina Berberova et tant d’autres,

 

comprendront ce style d’écriture qui nous éclaire sur la façon de penser de cette population bien différente de la nôtre.

 

Cependant, l’histoire d’hier (Staline) ressemble étrangement à celle d’aujourd’hui (Ukraine et Russie)..

 

 

 

 

Cet avis n’engage que moi.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



27/11/2022
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